FRUCTIFICATION

C’est alors que commence cette maturité dont nous avons parlé plus haut: les pistils et étamines se flétrissent, les pétales tombent, le fruit se montre soutenu par le calice, ce père nourricier dont la tâche n’est pas encore entièrement remplie.

Fruit.—Le fruit se compose toujours de deux parties principales: le péricarpe et la graine.

Le péricarpe est une enveloppe parfois sèche ou membraneuse, le plus souvent épaisse et charnue, laquelle contient dans son intérieur une ou plusieurs graines.

Le péricarpe est quelquefois si ténu et semble si bien identifié avec la graine, qu’on ne l’en distingue que difficilement; aussi quelques auteurs ont-ils émis l’opinion que, dans certains fruits, le péricarpe n’existait pas; mais c’est une erreur aujourd’hui bien reconnue: le péricarpe existe constamment, et il est toujours composé de trois parties, savoir: une membrane extérieure ou épiderme, nommée épicarpe; une substance charnue (sarcocarpe), et une membrane intérieure (endocarpe)... N’avions-nous donc pas trois fois raison en disant, au commencement de ce traité, que les savants sont des suppôts de tyrannie! Nous leur accordons l’épicarpe, le sarcocarpe, l’endocarpe; nous convenons avec eux que, arrivés à l’époque de leur maturité, les péricarpes ont la complaisance de s’ouvrir pour livrer passage aux graines; nous voulons même bien que ces complaisants péricarpes se nomment déhiscents, et toujours animés du même esprit de paix, nous convenons volontiers qu’ils sont bien plus estimables que les péricarpes indéhiscents, qui ne laissent échapper les graines que lorsqu’ils tombent en pourriture. Alors nous croyons en avoir fini sur ce point... Hélas! les savants commencent et ne finissent jamais: pour eux, il y a toujours quelque chose de nouveau sous le soleil... Et les valves, s’il vous plaît?... et les cloisons, et les loges, et la suture? Nous nous bornerons à dire que ces quatre derniers noms représentent des choses destinées à retenir les graines prisonnières jusqu’à ce que l’heure de la liberté ait sonné pour elles.

Les fruits se présentent sous douze formes principales que l’on divise en deux grandes classes: les fruits à péricarpes secs, qui sont au nombre de neuf, et les fruits à péricarpes charnus, divisés en quatre espèces.

Dans les péricarpes secs, le plus commun est la capsule, dont la boîte est d’une forme et d’une capacité très-variables; elle est elliptique, ou orbiculaire, ou en croissant, ou bien elle offre la forme d’une silique, comme la grande chélidoine (fig. 26).

Le péricarpe appelé follicule se compose ordinairement de deux follicules dressées ou divergentes, fusiformes ou cylindriques; les semences sont contenues dans la follicule, et le plus souvent enveloppées d’une substance cotonneuse (fig. 27).

Le péricarpe appelé la samare est une espèce de capsule membraneuse, plus ou moins comprimée, divisée en une ou deux loges.

Le légume ou gousse est un fruit membraneux à deux valves qu’on nomme cosses, réunies par deux sutures opposées; les graines sont attachées le long de la suture inférieure, et placées alternativement sur l’une et l’autre valve ou cosse, ainsi que cela se voit dans le pois, la vesce (fig. 28).