Au bout de quelques moments, il arriva près du moulin de Gaspard. Il regardait à travers les branches, observant cette roue gercée par le soleil, ce canal desséché, et, dans le fond du ravin, quelques pauvres canards, qui se disputaient la place dans une dernière flaque d'eau.
Pendant qu'il contemplait en silence ce triste spectacle, il aperçut dans la maison la meunière, qui tenait son enfant dans ses bras ; il vit cette jeune femme couvrir de baisers la petite créature ; puis un chant plaintif et doux arriva jusqu'à lui. Pierre Chosal était assez près pour entendre distinctement ces paroles :
Dors, ma petite Rose,
Fais silence, et repose
Sur mon sein maternel,
Comme ta pauvre mère
Se fie en sa misère
Au bras de l'Éternel.
C'est lui qui de l'eau vive
Tient la source captive