Durtal se roidit, s’éboula sur ce prie-Dieu et perdit complètement la tête. Il avait vaguement préparé son entrée en matière, noté des points de repère, classé à peu près ses fautes ; il ne se rappelait plus rien.
Le moine se releva, s’assit sur une chaise de paille, se pencha sur le pénitent, l’oreille ramenée par la main en cornet, pour mieux entendre.
Et il attendit.
Durtal souhaitait de mourir pour ne pas parler ; il parvint cependant à prendre le dessus, à réfréner sa honte ; il desserra les lèvres et rien ne sortit ; il resta accablé, la tête dans ses mains, retenant les larmes qu’il sentait monter.
Le moine ne bougeait pas.
Enfin, il fit un effort désespéré, bredouilla le commencement du Confiteor et dit :
— Je ne me suis pas confessé depuis mon enfance ; j’ai mené, depuis ce temps-là, une vie ignoble, j’ai……
Les mots ne vinrent pas.
Le trappiste demeurait silencieux, ne l’assistait point.
— J’ai commis toutes les débauches…, j’ai fait tout…, tout…