C’était une femme singulièrement aguerrie dans la science monastique et très experte à diriger les âmes.
Elle voulut que, dans son abbaye, chaque sœur s’offrît au ciel en réparation des crimes commis et qu’elle acceptât les plus pénibles privations pour racheter ceux qui pourraient se commettre ; elle y installa l’Adoration perpétuelle et y introduisit également dans toute sa pureté et, à l’exclusion de tout autre, le plain-chant.
Il s’y est, vous avez pu l’entendre, conservé intact ; il est vrai que, depuis elle, ses religieuses ont reçu des leçons de Dom Schmitt, l’un des moines les plus doctes en cette matière.
Enfin, après la mort de la princesse, qui eut lieu en 1824, je crois, on reconnut que son cadavre exhalait l’odeur de sainteté et, bien qu’elle n’ait pas été canonisée, son intercession est invoquée par ses filles, dans certains cas. C’est ainsi, par exemple, que les Bénédictines de la rue Monsieur s’adressent à elle lorsqu’elles ont perdu un objet et l’expérience démontre que leur prière n’est jamais vaine, que presque aussitôt l’objet égaré se retrouve.
Mais, continua l’abbé, puisque vous aimez tant ce monastère, allez-y, surtout lorsqu’il resplendit.
Et le prêtre se leva et prit une Semaine religieuse qui traînait sur sa table.
Il la feuilleta. Tenez, dit-il, et il lut : « Dimanche, à trois heures, vêpres chantées ; cérémonie de vêture, présidée par le Révérendissime Père Dom Étienne, abbé de la Grande Trappe, et Salut. »
— Le fait est que voilà une cérémonie qui m’intéresse !
— J’irai probablement aussi.
— Alors, nous pourrions nous rejoindre dans la chapelle.