Il n’osa avouer qu’il l’avait, en la croyant maléficiée, baillée à la sainte et il répondit : Je ne l’ai plus.

— Ah ! et qu’en avez-vous fait ?

Il mentit une fois de plus en déclarant qu’il l’avait consumée.

— Où, dans quel endroit ? montrez les cendres que nous les examinions.

Dom André refusa ; et ne pouvant plus rien en obtenir, les magistrats se retirèrent.

Cependant, comme le tumulte allait croissant et que la fureur du peuple devenait de plus en plus menaçante, ils retournèrent, une seconde fois, à l’église et recommencèrent leur interrogatoire. Ce curé, déconcerté, se coupa ; harcelé de questions, il répondit qu’il s’était débarrassé de l’oublie diabolisée en la noyant.

Ils le serrèrent de près, voulurent connaître la place, le récipient dans lequel il l’avait immergée.

Et, affolé, perdant la tête, il balbutia : Je l’ai enfouie dans un cloaque, afin d’empêcher que le peuple ne se rendît coupable, à cause d’elle, du crime d’idolâtrie.

Quand la foule apprit qu’il avait enterré dans un cloaque une hostie réputée miraculeuse par des gens dignes de foi, elle tempêta et s’apprêta à écharper ce mauvais prêtre, dès qu’il s’échapperait de son refuge.

Les échevins, de plus en plus inquiets de la tournure que prenaient les événements, revinrent, une troisième fois, auprès du curé et l’adjurèrent de ne pas continuer à les berner par des mensonges.