[18] Les Ducs de Bourgogne, t. I, p. 164, 172.
[19] Passavant, Recherches sur l'ancienne école de peinture flamande.—Messager des sciences historiques de Gand, 1841, in-8, p. 324, & 1842, p. 247.—Des types & des manières des maîtres graveurs, XVIe siècle, 1854, in-4, p. 152.
L'orfèvre principal, chargé du travail de la Couronne margaritique, est le Vallencelois Gilles Steclin, auquel est adjoint son père Hans Steclin de Colongne. Les noms de ces artistes ont été relevés par M. de Laborde dans les comptes des ducs de Bourgogne, Hance Steclin en 1438, Gilles Steclin en 1482[20]. M. Harzen a conjecturé que ce dernier pouvait être le graveur connu sous le nom du maître de 1466, qui marquait ses estampes de cette date & des lettres E & G S, qui s'appliqueraient au prénom latin ou vulgaire Egidius ou Gilles, & au nom de l'artiste Stechin ou Steclin, corruption de Stecher, orfèvre[21]. Si cette ingénieuse conjecture, à laquelle, pour ma part, je ne fais pas d'objection, était vérifiée, notre historiographe aurait doublement mérité de l'histoire de l'art en signalant, entre les orfèvres des Pays-Bas, celui qui devait, par ses estampes, vivre plus longtemps qu'aucun autre, bien qu'il ne fût alors plus connu par ses orfévreries. Voici les noms des autres orfèvres à l'approbation desquels Mérite soumet ensuite le portrait de sa couronne. On y voit des artistes de provinces fort diverses; un seul est célèbre, les autres n'auront pas d'autre souvenir que celui qu'a bien voulu leur octroyer le poète: Adrien Mangot, de Tours[22]; Romain Christophe Hiérémie; il ne faut pas voir là trois noms, comme l'indiquent quelques commentateurs, mais un seul artiste, Cristoforo Geremia ou Hieremia, qui était de Rome, orfèvre-ciseleur, & qui travaillait vers 1470[23]; Donatel de Florence; Petit Antoine de Bourdeaux; Jean de Nimègue; Robert Lenoble, Bourguignon[24]; Margeric d'Avignon; Corneille, Gantois; Jean de Rouen.
[20] Les Ducs de Bourgogne, t. I, p. 360, 534.
[21] Einige Worte über den sogenannten «Meister von 1466». Archiv. für die zeichnenden Künste, V. 1859, in-8.—Quelques notes sur le maître de 1466, trad. & annot. par M. Alvin, Revue universelle des Arts, t. IX, 1859, in-8.
[22] Il était orfèvre de Louis XI en 1474, & travailla par l'ordre du roi à une châsse de Saint-Martin de Tours. La Renaissance, t. I, p. 58.
[23] Zani, Enciclopedia delle belle arti, P. 1, t. IX, p. 349.
[24] La Renaissance, t. I, p. 60.
La fiction de la Couronne margaritique, toute d'apothéose, ne mentionne que des artistes morts à l'époque où écrivait le poète. C'est pour cela qu'il n'y a pas nommé Jehan de Paris, & non pas par ingratitude, comme on l'en a accusé[25]: On va voir que celui-ci tint toujours une place considérable dans ses ouvrages; mais rassemblons d'abord nos renseignements historiques sur le peintre.
[25] La Renaissance, t. I, p. 186.