[30] Bibliographie lyonnaise du quinzième siècle, par M. Péricaud. Lyon, 1851, in-8, p. 9.—3e partie, Lyon, 1853, in-8, p. 20.—Notice sur Jehan Perreal. Lyon 1858, in-8.
[31] L'état des officiers de la maison de Charles VIII en 1495 porte au nombre des chirurgiens Jean Bricet, dit de Paris. Histoire de Charles VIII, p. 705.
[32] Histoire veritable de la ville de Lyon, par Claude de Rubys. Lyon, 1604, in-fol., p. 348.
En 1496, Jehan de Paris est le premier signataire des statuts de la corporation des peintres, tailleurs d'images & verriers de Lyon, qui furent confirmés par ordonnance royale[33], & qui sont le document de ce genre le plus explicite que nous ayons pour le quinzième siècle. Nous verrons qu'il n'est pas le seul artiste distingué qui figurât dans cette corporation.
[33] Ordonnances des rois de France, t. XX, p. 570.—Histoire des anciennes corporations d'arts & métiers, par Ouin Lacroix. Rouen, 1850, in-8, p. 741.
Anne de Bretagne fit une seconde entrée à Lyon en avril 1499. Les comptes de cette entrée, qui ont été conservés dans le recueil des manuscrits de Guichenon[34], nous donnent d'abord les noms des artistes qui firent la belle médaille à l'effigie du roi & de la reine: Lugdunensi Republica gaudente bis Anna regnante benigne sic fui conflata 1499; ils s'y montrent les rivaux de Pisano & de Sperandro. Ce sont maistre Nicolas Leclerc, tailleur d'Ymages, & Jean de Saint-Priest[35] «pour la taille & façon des pourtraicts & molles faits pour la médaille,» & Jehan Lepère, orfèvre, pour les pièces en or, en argent, en cuivre & en plomb qui en furent fondues. Ils nous donnent ensuite le poète qui fit la rhétorique des personnages & mystères de l'entrée, Jenin de Beaujeu; les ouvriers qui dressèrent les échafauds & les tapisseries & arrangèrent les chapelles; ceux qui habillèrent les jeunes filles chargées d'y représenter les sibylles; le carrier Pierre Gayen & l'écrivain maistre Yvonnet, qui avaient fait sur des feuilles de papier collé les chappeaux de buys, les roleaux ou rollets ornés de devises & d'hermines que portaient ces sibylles, & qu'elles débitaient au passage de la reine.
[34] Recueil de pièces curieuses pour servir à l'histoire, 1661, 34 vol. in-fol., t. XXXI, no 85; Bibliothèque de la Faculté de médecine de Montpellier. Cette liasse de 34 pièces est en grande partie publiée par M. G. de Soultrait,—Revue numismatique, année 1855, in-8, p. 48, & Revue du Lyonnais, année 1857, in-8, p. 105 à 129.
[35] Ces noms, que M. de Soultrait a vainement cherchés dans les ouvrages sur les médaillistes du moyen-âge, se trouvent dans les statuts des peintres de Lyon de 1496.
Ils donnent enfin le nom du peintre qui avait donné le dessin de ces rollets des sibylles & qui en acheva l'ornementation: «Maistre Jehan, le peintre, & son vallet, pour les avoir arrondis de coleurs trassez & coppez.»
Beaucoup mieux que dans les relations officielles des Entrées royales imprimées au seizième siècle, on voit dans ces menus devis de costumiers la mise en scène des mystères sur échafauds par l'intervention enchevêtrée des artistes gothiques. La part y est bien faite au cartier, à l'écrivain, au peintre.