—Vous m'écoutez bien, vieux compagnon! disait le maître. Allez, allez tout droit à la maison! All right! Vous leur direz ce qui m'arrive. Allez, loup, allez, vous! Droit à la maison!

Croc-Blanc, sans saisir le sens exact de toutes ces paroles, comprit que la volonté du maître était qu'il se rendît à la maison. Il fit volte-face et trotta au loin, à contre-cœur, en se retournant de temps à autre, pour regarder en arrière.

—Allez! criait Scott. Allez!

La famille était réunie sur le perron, à prendre le frais, lorsque Croc-Blanc arriva, haletant et poussiéreux.

—Weedon est revenu, annonça la mère de Scott, en voyant l'animal.

Les enfants coururent vers Croc-Blanc et commencèrent à vouloir jouer avec lui. Il les évita et, comme ils l'avaient acculé dans un coin, entre un rocking-chair et un banc, il gronda sauvagement, en essayant de se dégager. La femme de Scott eut un frémissement.

—Je tremble toujours, dit-elle, qu'il ne se jette sur eux, quelque jour, sans crier gare.

—Un loup est un loup! prononça sentencieusement le juge Scott. Il est prudent de ne pas s'y fier. Sans doute y a-t-il en lui quelques gouttes de sang de chien...

Il n'avait pas achevé sa phrase qu'il aperçut devant lui Croc-Blanc, qui grondait, avec une mine singulière.

—Allez-vous-en, Sir! Allez coucher! ordonna le juge.