Le gouverneur Atherton eut un ricanement.

— Eh bien, moi, dit-il, je ne le crois pas. Mais cela ne nous empêchera pas de tenter l’expérience. A bas, Standing !

J’obéis, comme toujours, en m’allongeant, la face sur le sol, sur la toile étendue. Le gouverneur parut ruminer pendant un moment.

— Enroule-toi dedans ! finit-il par ordonner.

Je m’efforçai d’obéir. Mais telle était ma faiblesse que je ne pus que me tortiller en vain et que je demeurai aplati.

— Il faut l’y aider, commenta le docteur Jackson.

Atherton haussa les épaules.

— D’aide, dit-il, il n’en aura plus besoin, quand j’aurai fini avec lui. C’est bon ! Prêtez-lui la main. J’ai autre chose à faire que de perdre mon temps ici.

Je fus donc lacé, puis roulé sur le dos. Je fixai des yeux, dans cette position, le gouverneur Atherton, qui était en face de moi.

— Standing, prononça-t-il lentement, j’ai épuisé avec toi tous les bons procédés. En voilà assez ! Je suis lassé, dégoûté de ton entêtement. Ma patience est à bout. Le docteur Jackson, ici présent, affirme que tu es en état de supporter dix jours de camisole. Pèse bien ce que tu risques. Une dernière fois, je t’offre une chance. Dis-moi où est la dynamite. A l’instant précis où elle sera entre mes mains, j’ordonnerai qu’on te tire de cette cellule. Tu seras libre de prendre un bain, de te raser, et tu recevras des vêtements propres. Tu auras six mois pour te tourner les pouces, au régime d’excellente nourriture de l’Infirmerie. Après quoi, tu passeras homme de confiance et seras attaché à la Bibliothèque. Tu ne peux vraiment pas me demander d’être plus gentil que je ne suis. En parlant, tu ne vends personne. Tu es le seul à San Quentin qui sache où est la dynamite. Pas un de tes camarades n’en sera compromis. La conscience la plus chatouilleuse ne peut s’offusquer de te voir céder. Il n’y a donc que des avantages à ce que tu parles. Au cas contraire…