Celle-ci était en train de goûter, du bout de son index, la sauce du veau marengo qui mijotait sur son poêle, quand son locataire entra dans la loge.

— Bonjour mâme Méboux. Ça va toujours cette santé ?

— Ça va sans aller, rapport à ce rhumatisme qui me travaille toujours de trop, quand le temps va changer.

— Vous avez, nom d’un petit bonhomme !… quelque chose pour moi dans votre courrier, Madame Méboux ?

— Celui de onze heures, il n’y avait rien ; pour celui de 7 heures et demie, attendez, je ne crois pas…

— Comment, pas de lettre ? Vous êtes bien sûre ?

— Ah ! si, je me souviens, maintenant, un prospectusse… Il y avait même, marqué dessus, le nom de ce cercle que vous m’avez dit que vous êtes employé et qui vous envoie toutes les semaines des imprimés que vous jetez sans les ouvrir… Comme vous m’avez dit, l’autre jour, que je pouvais les garder, je m’en suis servie justement, pas plus tard que tout à l’heure, avec un catalogue du Printemps, pour rallumer mon poële qui ne tirait plus…

— Brûlé !… brûlé !… Madame Méboux ! Ma…

Il n’acheva pas. Un tremblement nerveux le secouait. Il se laissa tomber sur un large fauteuil à oreillettes qui encombrait la loge. Un chat, dérangé dans son sommeil, fit un bond et faillit culbuter le veau marengo.

— Qu’est-ce qui vous prend à c’te heure, dit Madame Méboux ?