—Quel endroit—me dit Cynthia Merrymore—pour aller «visiter» le fils de notre ami!
Ce cottage me semblait parfaitement enviable. Miss Marjorie s’écria: Nous nous trompons de porte, ce n’est pas possible, car je suis sûre que les Watkins sont tout à fait «the wright sort of people» (des gens bien).
Six ou sept enfants accoururent à la barrière quand nous l’ouvrîmes, et aussitôt nous devinâmes James: une «réduction Collas» de son père. Je lui parlai français, il s’enfuit derrière un hangar à canots. Les enfants Watkins, au contraire, allèrent chercher «pâ» et «mâ», nous apportèrent des chaises et se conduisirent avec une aisance gracieuse.
—Est-ce des «punts» ou un «canoe» que désirent ces ladies et ce gentleman?—fit Mrs Watkins—et, comme je parlais ma langue, Mrs Watkins prit à part ces dames Northmount et Merrymore:—Je vois un «french gentleman»—dit-elle—Ne serait-ce pas quelqu’un de la famille Aymeris? Je vais appeler Watkins qui repeint des bancs dans un canoe, là en face. Johnie! Johnie!—Et elle lui fit signe.
Mrs. Watkins tâcha d’attraper James; je la suivis et elle criait:—Mauvaise petite chose! ah! il est comme «a mad dog» (un chien enragé), qui se cacherait pour se jeter sur vous! Ici, James! Vous êtes demandé ici par des visiteurs; ah! la mauvaise petite chose!
Nous avions apporté des chocolats à la crème, des oranges, des «buns», que ces dames distribuèrent aux jeunes Watkins qui n’en avaient jamais tant vu. Je m’approchai de James par derrière; il se retourna, m’aperçut, se sauva plus loin; je le poursuivis et le saisis par la manche de son sarrau.
—Attrapé!—lui dis-je en riant,—viens manger des bonbons!
Il n’entendait plus que l’anglais.
James ramassa une poignée d’herbe et de terre, la lança contre moi, poussa des hurlements.
Mrs Watkins le secoua, lui donna une torgniole; il la considérait avec un air de défi, et d’une grosse voix d’enfant de la campagne, la menaça: