—Pour son travail—dit-elle—il a de la volonté, mais très peu, n’est-ce pas, dans la vie? Il ne faut pas qu’il se sache observé, ou dirigé. Nous ne lui donnons jamais un conseil chez nous, et, je pense, nous lui serons utiles un peu... autrement... de loin! Notre amitié est toujours en éveil, comme mon alarme, que M. Aymeris soit ici ou ailleurs, partout! Il faut avoir de longues guides flottantes, avec lui.
—S’il était marié, madame?
—S’il l’était, il désirerait de ne l’être plus. Il y a des femmes qui sont ainsi, monsieur...
—Oui, Madame, j’en connais—et comme je la regardais, Mrs Merrymore eut un geste de «self defence». Elle referma son manteau et reprit, dans le vague:
—Whistler a dû souvent se pencher ici sur la Tamise—n’est-ce pas? Il a inventé quelque chose d’admirable avec ses nocturnes.
—Parlons d’Aymeris—intercédai-je,—Georges m’inquiète, je suis sûr qu’il vous inquiète aussi, Madame? Il n’a plus de famille, ses tantes sont âgées et elles ne lui sont d’aucun secours. Je ne les fréquente pas, personne ne les connaît plus!
—Moi, je crois les connaître. J’ai tenu, par intérêt pour M. Aymeris, à garder des relations avec elles, ce serait un grand dommage, si M. Aymeris n’en faisait pas autant. J’essaie de les «keep together» (les retenir ensemble). Je fais ainsi des petites choses pour lui. Mes sœurs, de même.
Pourquoi Cynthia disait-elle «nous» avec insistance?
Mais, «Nous», c’était elle seule.
Mrs Merrymore toussa, reprit comme par acquit de conscience:—Parlons de Whistler... vous l’avez connu?