La mort de Félix Faure; titre: «le Mauvais Café.»

Dans les Vosges: «C'est de là-bas que j'esbère la vencheance.»

Le pouvoir civil: où le banquier, un glaive dressé dans son poing fermé sur sa cuisse, pèse du pied sur le corps de la France terrassée.

L'esprit de Forain, ses formules aussi éloquentes que son dessin, dans l'ensemble de son œuvre, j'ai dû en citer de nombreux exemples dans cette étude du P'sst…! On ne peut guère renvoyer le lecteur à un album du genre de ceux où différents éditeurs ont réuni les autres séries de dessins politiques, ou simplement parisiens. Peu de personnes ont gardé les numéros—ils sont devenus très rares—de ce journal de circonstance. C'est à peine si l'auteur lui-même en possède une série complète. Il lui faudrait des amis qui prissent soin de ce qui, chaque jour, tombe du chevalet sur la natte de son atelier: dessins, peintures, esquisses de tout genre.

Forain ne «marche pas avec le siècle», mais il ne s'est pourtant pas arrêté; après «l'Affaire», il reprend ses pinceaux et couvre ses toiles de tons riches ou grisâtres, d'arabesques savantes, qui sont des variations sur les sujets suivants: les danseuses, les tribunaux, la vie du peuple, et certains de ces tableaux sont plus touchants dans leur simplicité familiale,—mères et enfants, «maternités», comme l'on dit aujourd'hui, qu'on ne l'eût attendu de l'implacable ironiste.

Il y a quelque temps, j'ai vu dans l'atelier de la rue Spontini des projets de tableaux religieux. La beauté de ces compositions me fait espérer un développement nouveau, une veine qui pourrait être féconde. Forain, peintre catholique! La largeur et la noblesse qu'a prises sa technique nous annoncent encore des chefs-d'œuvre. Je voudrais, plus tard, poursuivre cette étude si incomplète par ma faute; Forain n'a pas encore achevé sa destinée, il forme au contraire mille projets de peintre. D'autres temps viendront pour lui.

Février 1905. «Renaissance latine.»

Note de 1912 (Études et Portraits).—Je puis déjà, cinq ans après la publication de ce portrait, ajouter à la liste des œuvres citées plus haut, une série de belles et précieuses «eaux-fortes» que Forain exécute en ce moment. Le dessin s'élargit encore, le métier de la pointe-sèche est parfaitement admirable, faisant penser à Rembrandt et à Goya. Le Christ et les Apôtres, le Calvaire, le Dernier Repas: tels sont les sujets auxquels revient ce Catholique. Forain s'est apaisé; son visage rose et gras décèle une paix intérieure et un accommodement aux choses actuelles. Son esprit lui a concilié ses ennemis, qui semblent avoir passé l'éponge sur le P'sst…! Il ne fume plus, il est végétarien et indulgent.

Note de 1916.—Depuis la guerre de 1914, Forain a retrouvé une nouvelle jeunesse. Mobilisé malgré son âge—il a plus de soixante ans—décoré de la Croix de guerre, il rend des services éminents dans le corps des camoufleurs, qu'il organisa. Il ne quitte plus son uniforme; on l'a vu dans Paris coiffé de la bourguignotte. Il a donné, dans l'Opinion puis le Figaro, des dessins, les plus beaux qu'on connaisse de lui. Je me plais à lui offrir ce nouveau tribut de mon admiration, quoique, à la suite de l'article qui précède, il ne me tienne plus pour un ami…

FRÉDÉRICK WATTS