La porte de son cabinet s'ouvrit doucement et, dans l'entre-bâillement, apparurent les têtes rieuses de ses filles.
—Mon papa, dit la plus jeune, il y a en bas Pierre et M. François Andréossy qui vous veulent parler. Avez-vous le loisir de les recevoir?
Riquet les enveloppa d'un long regard attendri sans répondre.
—N'avez-vous pas entendu, mon père? demanda l'aînée.
—Si, mes chéries; tout-à-l'heure je les verrai. Venez ici, vous; j'ai à vous entretenir, et très sérieusement. Asseyez-vous là, toutes deux, continua-t-il en leur montrant des tabourets à ses côtés, là, plus près.
—Vous savez si je vous aime, mes chères filles, dit-il en leur prenant les mains.
—Oh! oui, répondirent ensemble les deux jeunes filles.
—Nous vous rendons de tout notre cœur cet amour paternel que vous voulez bien nous témoigner, mon père, acheva Marie avec respect.
—Mes chères enfants, je suis sur le point de vous dépouiller, pour le présent, se hâta d'ajouter Riquet; mais cependant je ne veux le faire que si vous y consentez. J'avais réservé sur ma fortune trois cent mille livres que je destinais à vous doter; or j'ai absolument besoin de cet argent; puis-je m'en servir?