Quatre-vingt mille Autrichiens viennent de passer en Champagne, à côté de la forge de mon fils, où ils n'ont rien laissé en vivres; ils se promènent dans toutes les provinces.

Mon fils est fatigué; Eugénie (belle-fille de Mme de Vandeul) est dans l'âge où, n'ayant pas souffert dans le passé, on n'est pas effrayé de l'avenir; et je ne me plais pas à rembrunir son âme. Les trois enfants sont bien portants, gais, heureux.

Vous allez bénir le ciel de la fin de ce papier; que ce griffonnage vous prouve au moins ma confiance dans votre indulgence et votre amitié.

Diderot de Vandeul.

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NOTES:

[1] En tête des Lettres inédites de Mme de Staël à Henri Meister (Paris, lib. Hachette, 1903) nous avons publié sur notre auteur une notice étendue, et nous y renvoyons le lecteur qui voudrait être renseigné plus abondamment que nous ne pouvons le faire ici.

[2] M. d'Haussonville a fait un intéressant tableau de ce groupe d'élite: Le salon de Mme Necker. Paris, 1882.

[3] On sait que la Correspondance littéraire de Grimm et Meister a eu trois éditions, chacune de seize volumes. La dernière, qui est très supérieure aux autres, a été publiée par M. Maurice Tourneux: Paris, lib. Garnier, 1877-1882.

[4] Mme Necker a fait compliment sur cet ouvrage à l'auteur, dans une lettre qui a été publiée: Mélanges extraits des manuscrits de Mme Necker. Paris, 1798, II, 175.