[97] Thibaudeau, membre de la Convention, membre du Sénat du second Empire, mort en 1854, à quatre-vingt-huit ans.

Doulcet de Pontécoulant, membre de la Convention, préfet au temps du Consulat, comte de l'Empire, pair de France sous la Restauration et sous Louis-Philippe, mort en 1853, à quatre-vingt-huit ans.

[98] Ode sur le 200e anniversaire de la Saint-Barthélemy.

[99] Si l'on avait chicané Meister sur ce qu'il y a d'incorrect dans cette expression, il aurait pu citer Leibnitz qui, dans une de ses lettres à Bossuet (janvier 1692), qualifie Louis XIV: «le plus grand, ou pour parler avec M. Pellisson, le plus roi entre les rois.»

[100] Ces trois ou quatre constitutions sont: celle de 1791, œuvre de l'Assemblée constituante; elle sombra au 10 août;—la Constitution du 24 juin 1793, qui resta sur le papier, comme Meister le dit plus loin;—l'état de fait qui s'établit à sa place: l'omnipotence des partis qui furent successivement dominants à la Convention;—enfin la Constitution du 5 fructidor an III.

[101] En écrivant: à son avantage, Meister avait dans l'esprit: à l'avantage d'Athènes, ou bien: à l'avantage du peuple athénien.

Un éditeur plus courageux que nous aurait effacé cette négligence, et aurait imprimé: à leur avantage.

[102] D'après la Constitution de l'an III, l'élection des Conseils se faisait à deux degrés. Pour avoir droit de vote dans les assemblées primaires, il suffisait de payer une contribution directe, foncière ou personnelle. Mais pour être nommé électeur du second degré, il fallait être propriétaire, ou usufruitier, locataire, fermier, métayer, d'un bien évalué à un revenu égal à la valeur locale de 100, 150 ou 200 journées de travail, selon les localités.

[103] C'est à cela que l'article 68 de la Constitution de l'an III fixait l'indemnité annuelle allouée aux membres du Corps législatif.

[104] Le grand ascendant qu'eut d'abord l'abbé Sieyès dans les États généraux, il le dut uniquement à la réputation que lui avaient acquise ses premiers écrits. Il a fort peu de moyens, et fort peu de talent pour parler en public. Il n'a pas assez de souplesse dans l'esprit, ni d'audace dans le caractère, pour réussir par l'intrigue. Sa force est dans la puissance de sa dialectique, dans la profonde pénétration de ses vues, dans l'opiniâtre intrépidité de ses plans. Je n'ai jamais vu personne analyser une idée, établir un principe, développer une longue série de raisonnements, avec une logique plus ferme et plus serrée. Il m'est arrivé souvent de l'écouter, sous ce rapport, avec un extrême plaisir, même lorsqu'il soutenait une opinion tout à fait contraire à mes sentiments; et cependant sa manière de parler est dénuée d'ailleurs de tout autre prestige; elle n'a ni mouvement, ni grâce, ni chaleur. Sombre, méfiant, bilieux, il ne saurait supporter la plus légère contradiction; elle l'irrite ou le décourage, et lorsqu'on ne permet pas à son esprit de dominer, il se renferme avec dédain dans le silence et dans l'inaction. Il ne sait pas plus transiger avec les idées des autres qu'avec leurs passions, et par cette seule raison, il n'a pu, malgré ses avantages, malgré le crédit de sa renommée, devenir le chef d'aucun parti. Quand il en aurait eu d'ailleurs les moyens, on peut douter s'il en eût eu le courage. C'est dans un mouvement de dépit qu'il essaya de fonder le club de 1789; la peur le lui fit bientôt abandonner, pour rentrer dans la Société des Jacobins. Ce même sentiment l'a fait balancer assez longtemps entre le parti de Brissot et celui de Robespierre. Faible et timide, lorsqu'il est question d'agir, il n'est pourtant aucune conséquence de ses principes, aucun résultat de ses projets qui paraisse étonner sa pensée, encore moins effrayer sa sensibilité; en faudrait-il d'autres preuves que ces mots terribles et trop connus?—La Révolution ne sera finie que lorsqu'une rue droite sera tirée de la rue Saint-Honoré à la rue du Bac.—Il faut que les propriétés restent, mais que les propriétaires changent.—On prétend que la noblesse est détruite, et il existe encore des nobles!—Le même homme qui parlait ainsi au commencement de juin 1792 disait déjà, vers la fin de l'année 1788: Posons les jalons de la République.