De nouveau la porte du bureau… le piétinement d’une douzaine d’hommes, tous les gens du poste sans doute, éveillant les sonorités du corridor… la voix de Marette, impérative : « Pressez-vous, pressez-vous. En passant par le chemin de halage, vous arriverez au bon moment, mais il n’y a pas une minute à perdre ». Et de nouveau un grand silence.
Kent ne pouvait tenir en place ; mais en s’agitant en tous sens dans sa cellule, ses idées tourbillonnaient au point qu’il pensait devenir fou. Il s’assit sur le rebord de sa couchette, la tête dans les mains : et son immobilité lui donnait alors une sensation d’étouffement.
Kent ! James Kent ! chuchota une voix, la voix de Marette.
En un bond il fut devant la porte dont la petite ouverture grillagée encadrait le visage de Marette Radisson.
CHAPITRE XIII
L’ÉVASION
Sur le moment Kent ne put proférer un mot.
— Vite, vite, préparez-vous ! lui dit Marette. Chut !… Silence !… Je vais…
Un bruit de pas l’interrompit net.
— Que faites-vous là, Mademoiselle ? demanda, de sa grosse voix, le constable Pelly.
Glacé de crainte, les doigts crispés contre le grillage du judas, Kent vit Marette Radisson reculer, entr’ouvrir son imperméable tout ruisselant et diriger sur Pelly le canon d’un revolver.