Ses pattes et son corps étaient tellement serrés qu’il ne pouvait bouger. Sa tête n’était pas recouverte.

C’était la seule partie de lui qui fût visible, la seule qu’il pût bouger. Il avait l’air si drôle et si comiquement effaré que, pendant une minute ou deux, Langdon et Bruce, oublieux de leurs désappointements et de leurs pertes de l’après-midi, rirent à gorge déployée.

Puis Langdon s’assit d’un côté de Muskwa et Bruce de l’autre et ils remplirent et allumèrent leurs pipes.

Muskwa n’avait même pas la ressource de gigoter en guise de protestation.

— Nous sommes de fameux chasseurs ! dit alors Langdon : partis pour descendre un grizzly et revenir avec ça !

Il considéra l’ourson.

Muskwa le regardait d’un air si grave que Langdon l’observa pendant un instant avec un étonnement manifeste, ôta sa pipe de la bouche et étendit la main.

— Petit, petit, petit, petit ! cajola-t-il doucement.

Les petites oreilles de Muskwa pointèrent en avant. Ses yeux brillants semblaient de verre tant le regard en était fixe.

Bruce, derrière sa main repliée, riait silencieusement comme dans l’attente d’une bonne blague.