De nouveau la nuit se fit très calme ; les étoiles emplirent le ciel et le feu cessa de pétiller.

Mais Pipoonaskoos ne bougeait toujours pas.

Doucement, d’abord, Muskwa se mit à le flairer, à tirer sur ses poils soyeux et, ce faisant, il semblait dire :

— Je te promets de ne pas te mordre cette fois-ci, Pipoonaskoos… lève-toi et mettons-nous à jouer.

Pipoonaskoos demeurait insensible, et finalement Muskwa abandonna l’espoir de le réveiller, se blottit contre lui et s’endormit au bout d’un certain temps.

Langdon fut le premier à se réveiller le lendemain matin, et lorsqu’il s’en vint voir comment Muskwa avait passé la nuit, il s’arrêta brusquement et demeura immobile pendant une minute.

Alors une sorte de sanglot rauque s’échappa de sa gorge.

Dans son sommeil, Muskwa s’était serré tellement contre Pipoonaskoos, qu’une patte de l’ourson mort lui entourait le cou.

Sans bruit, Langdon alla réveiller Bruce et, l’instant d’après, il revenait avec le guide qui se frottait toujours les yeux.

Les deux hommes se regardèrent, graves.