Une silhouette d’homme, presque aussitôt, émergea du bois de mélèzes. Le teint de son visage était cuivré, comme celui d’un Indien.

Il avança de quelques yards[1]. Puis se retournant vers l’obscure muraille :

[1] Le yard vaut 0 m. 91 centimètres. (Note des Traducteurs.)

« Venez, Rod, cria-t-il. Nous sommes dans le bon chemin et le campement n’est plus loin. »

Une voix répondit : « Me voici, Wabi. »

Quelques minutes se passèrent et un autre jeune homme, de sang blanc, apparut. Il avait dix-huit ans au plus. De sa main gauche, il s’appuyait sur un gros gourdin. Son bras droit, qui semblait gravement blessé, était enveloppé dans un grand foulard, servant de bandage improvisé. Sa figure était toute égratignée et saignait. L’ensemble de sa démarche indiquait qu’il en était arrivé au dernier degré de l’épuisement.

Il fit encore quelques pas, en chancelant, respirant par saccades. Puis le gourdin glissa de ses doigts sans nerfs et il ne tenta même pas de le ramasser. Conscient de sa faiblesse, il plia les genoux et s’affaissa dans la neige.

Wabi lui tendit la main, pour l’aider à se relever.

« Croyez-vous, Rod, pouvoir continuer ? »

Le jeune homme se remit sur ses pieds.