»Votre sœur affectionnée,
»Marie M.
»P. S.—Je suis fâchée de vous dire que je suis loin d'aller bien, et Jémina vient d'apprendre chez le boucher qu'il y a beaucoup d'angines ici. Je crois que j'en aurai une, car mes maux de gorge sont toujours plus dangereux que ceux des autres.»
Ainsi finissait la première partie, à laquelle avait été ajouté ceci:
«J'ai laissé ma lettre ouverte afin de vous dire comment Louisa a supporté le voyage; et j'en suis très contente, car j'ai beaucoup à ajouter. D'abord j'ai reçu hier un mot de Mme Croft, demandant si j'avais quelque chose à vous envoyer: une lettre très bonne, très amicale, et adressée à moi, comme cela doit être. L'amiral ne semble pas très malade, et j'espère sincèrement que Bath lui fera du bien. Je serai vraiment heureuse quand ils reviendront: nous ne pouvons pas nous passer d'une si aimable famille.
»Maintenant, parlons de Louisa: vous serez bien étonnée. Elle est arrivée mardi. Le soir, en allant prendre de ses nouvelles, nous fûmes surpris de ne pas trouver Benwick, car il avait été invité aussi. Et devinez-vous pourquoi il n'y était pas? Il fait la cour à Louisa, et n'a pas voulu venir avant d'avoir reçu la réponse de M. Musgrove à sa demande écrite. Je serais surprise que vous sachiez cela, car on ne m'en a rien dit. Nous sommes très contents, car ce mariage, quoique moins bon que celui du capitaine Wenvorth, est un million de fois meilleur que celui de Charles Hayter. M. Musgrove a donné son consentement. On attend le capitaine Benwick.
»Charles se demande ce que dira Wenvorth, mais vous vous souvenez que je n'ai jamais cru à son attachement pour Louisa.
»Et voilà la fin de la supposition que Benwick était votre adorateur!
»Il est incompréhensible pour moi que Charles ait pu se mettre cela dans la tête.»
Jamais Anna ne fut plus surprise. Le capitaine Benwick et Louisa Musgrove! C'était trop étonnant pour le croire.