—Il est regrettable en effet que Sa Majesté ait détruit des joyaux historiques.
—C'était bien là le dernier souci d'Anizeh Dooulet! Elle aurait mieux aimé que le roi les lui eût donnés!
—Vous a-t-elle parlé de l'origine de ces trésors?
—La plupart, prétend-elle, ont été rapportés des Indes après les conquêtes de Nadir chah. A la mort de ce prince ils furent remis à Mohammed-Aga, le fondateur de la dynastie kadjar. Seul chah Rokhch, le souverain dépossédé, refusa de livrer les richesses qu'il réservait à ses enfants à défaut de la couronne. Bien que privé de la vue, il cacha ses pierres précieuses, dérouta les espions du nouveau roi et affirma sous les serments les plus solennels qu'il n'avait en sa possession aucun joyau de valeur.
ZIBA KHANOUM.
«Chercher à soustraire des trésors au terrible Mohammed-Aga, c'était s'exposer aux plus grands dangers. L'infortuné chah Rokhch supporta d'abord avec un courage surprenant chez un homme âgé les plus douloureuses tortures; vaincu par la souffrance, il se décida à indiquer la position de quelques brillants dissimulés soit dans des puits, soit dans les fondations des murs du palais, mais l'obstiné vieillard ne fit connaître la cachette du rubis extraordinaire placé autrefois sur la couronne du dernier prince de la race de Timour (Aurengzeb), qu'au moment où il sentit couler sur sa tête, entourée d'un bourrelet de plâtre, du plomb en fusion versé goutte à goutte.
TOUR A SIGNAUX A ISPAHAN. (Voyez p. [274].)
«Mohammed-Aga témoigna la joie la plus vive en retrouvant le précieux rubis et sans tarder donna l'ordre de mettre fin au supplice du vieillard, mais il était trop tard: chah Rokhch, victime de son avarice, mourut au bout de peu de jours.