Arrivons au fait. Le naïeb saltanè, informé de notre prochain départ pour Ispahan, a prié mon mari de se détourner de sa route et d'aller visiter un barrage construit sous chah Abbas aux environs de Saveh. Cet ouvrage, percé à sa base, n'est d'aucune utilité; le prince désirerait le faire réparer afin d'augmenter les revenus de la province dont il est gouverneur.
Marcel, peu soucieux de se charger d'une pareille corvée, n'a pas osé répondre par un refus à la demande du fils du roi et a accepté sans empressement de dresser le projet de restauration.
MOLLAHS ET PAYSANS DE VÉRAMINE. (Voyez p. [153].)
BARRAGE DE SAVEH. (Voyez p. [175].)
CHAPITRE IX
Départ de Téhéran.—Écarts de température entre le jour et la nuit.—Mamounieh.—La maison civile d'un gouverneur de province.—Arrivée à Saveh.—La mosquée.—Le minaret guiznévide.—Les biens vakfs.
20 juillet.—Guidés par l'aide de camp du prince, le général Abbas Kouly khan, nous avons quitté hier au soir Téhéran. Dans la journée il avait fait 40 degrés à l'ombre; pendant la nuit le thermomètre s'est abaissé à 12. On ne saurait croire combien ces rapides changements de température sont pénibles à supporter.
Nous sommes accompagnés d'un vieux major autrichien et de son fils. Le major a été envoyé en Perse en qualité d'instructeur militaire et, à ce titre, fait en français un cours d'entomologie au collège impérial. Il parle très mal notre langue, mais, comme ses élèves ne la comprennent pas, professeur et disciples ont toute chance de s'entendre. Nos deux compagnons de route vont rendre visite à un baron de leurs amis, envoyé à Saveh comme gouverneur, afin d'expérimenter in anima vili un nouveau système financier d'importation autrichienne.