Il portait la rouge taïole

Comme les drôles de chez nous.

Le grésillement continu du chant des cigales, aux environs, semblait la voix même de l’été, de la chaleur, qui accompagnait le chant de l’homme. A travers les branchages chauds et immobiles, la voix saine passait comme une brise lente et tiède.

Tous les rusquiers connaissaient cette chanson ; et les uns sur leurs étagères dans les branchages, les autres debout à terre près des troncs ; et aussi les camalous, ceux qui camalaient, mot qui, sans doute venu des Sarrasins longtemps maîtres de ces forêts, signifie porter un faix à la façon d’un chameau — tous ensemble lancèrent le refrain :

Pour l’écouter, les pins aux branches musicales,

Arrêtaient un moment leur murmure nombreux ;

Et, le sentant le frère des cigales,

Cigalous est le nom qu’ils lui donnaient entre eux.

— Cette chanson, dit un rusquier qui n’avait pas pris part au concert, cette chanson doit être nouvelle, — que je ne la connaisse pas ?

— Oui, dit un autre, c’est Monsieur Jean d’Auriol qui l’a faite.