Ils ont dormi, la fièvre au sang, le sang aux yeux,
Et, comme un pauvre esquif perdu dans la mer haute,
Ils ont jugé leur route aux étoiles des cieux.
Quelques fruits de dattier dans un sac, un peu d’orge,
Ils ont vécu sans boire et presque sans manger.
Le sable respiré met l’enfer dans leur gorge…
Ils repartent… L’amour ne hait pas le danger.
Chaque matin, l’autruche est là, plus belle encore,
Dressant sa tête plate, érigeant un long col,
Plus bleue, et bien plus rose aux rayons de l’aurore…