— Il faut que vous sachiez, monsieur, déclara Marin d’un air hautain, que les plus grands noms de l’armorial de Provence forment la liste de mes invités, et que nul de ces gentilshommes, familiers de ma maison, ne me traite sans quelque courtoisie. J’aime à croire que vous vous rangerez à suivre un si galant exemple, dès que vous aurez jeté un coup d’œil sur ma liste de ce soir.

Il la montra. Gaspard l’examina :

— Grands noms, en effet… Ah ! Ah ?… Un Cocarel ? Sera-ce le père ou le fils ? ou tous les deux ?

— Le père, s’est fait excuser. Nous n’aurons que le fils.

— Bien ; j’ai à lui faire une communication secrète.

— Pour être tout à lui, dit Marin, vous pourrez vous retirer dans les appartements qu’on vous a désignés à votre arrivée, et dont monsieur votre intendant… s’est montré satisfait… mais vous ne paraissez pas remarquer, sur ma liste, ce nom-ci, le plus beau peut-être : Mirabeau !

— Le fils ?

— Non, le père… Et, ici, voyez un beau nom encore : La marquise de la Gaillarde, dont le mari est un… débris de Fontenoy.

— Je sais, je sais, fit Gaspard.

— La voici qui s’approche.