— Bas les armes, coquin !

Mais le commandement ne fut pas obéi ; alors, l’inexorable Sanplan saisit le pistolet accroché à sa ceinture. Son coup de feu retentit dans les échos.

Un frémissement courut sur le banc des accusés. L’homme, le soldat désobéissant, était tombé sans un cri, et sans même lâcher son fusil, tant la mort avait été foudroyante ! il gisait à présent dans la broussaille.

— J’en suis fâché, déclara Sanplan froidement, c’était un de nos meilleurs soldats.

— Requiescat in pace, marmonna Pablo.

Deux hommes, sur un signe de Sanplan, accoururent ; et, à travers l’enchevêtrement des buissons, on les vit prendre le mort, l’un par les pieds, l’autre par les épaules, et l’emporter rapidement.

Sanplan, venait de tuer… sans pitié… un des mannequins dont Jean Lecor était le grand chef. Satisfait de l’impression produite, il éleva la voix :

— Vous comprenez, messieurs, que, si je traite ainsi mes hommes pour vous protéger, je saurai, au besoin, vous traiter de même, pour vous contraindre à la soumission. L’acte d’énergie que je viens d’accomplir, non sans regret, — prouve, remarquez-le bien — notre impartialité, et que nous n’avons en vue que la justice.

A ces mots, Gaspard se remit en marche, et la Cour, ayant atteint les blocs de roche qui devaient lui servir de sièges, se trouva placée dans l’ordre suivant : Gaspard présidait, ayant à sa droite Sanplan ; à sa gauche, dom Pablo ; plus à droite, l’avocat Lecor. Les bandits-juges siégeaient en arrière du président.

— Monsieur Marin, je vous salue, dit Gaspard.