Pauvre Gaspard de Besse ! On remarquait un nombre extraordinaire d’enfants, endimanchés comme en un jour de Fête-Dieu, et que leurs pères tenaient par la main.
— Quoi ! voisin ! vous menez votre enfant dans une pareille foule ?
— Vous savez bien, c’est pour la cérémonie de la gifle sacrée, qui doit toujours suivre une exécution.
— Plus bas ! L’enfant ne doit pas savoir ce qui l’attend.
— Quelle cérémonie ? demanda un passant.
— Êtes-vous donc étranger ? Oui ? Et vous n’avez pas d’enfants ? Apprenez donc que, le jour où le bourreau exécute un malheureux, chacun, père ou mère, doit gifler son petit, à seule fin de lui faire entrer dans la tête un souvenir qui le préservera de mal faire. Mes parents ont toujours observé ce respectable usage. Comme nous avons trouvé les choses, il faut les transmettre.
— Ah ? bon !
— Moi, voyez-vous, je ne pense qu’à cela, depuis l’arrêt, parce que ce petit, mon fils, c’est toute mon espérance. Il est si gentil, si sage, et travailleur ! Et puis, j’aime les vieux usages. Celui de la gifle est, je crois, des plus salutaires. L’éducation, tout est là. On obtient tout par l’éducation…