Formidable, — et ni mes regards ni mes oreilles,

Qui n’auraient pu subir réalités pareilles,

Ne percevaient image ou son ; seuls, mes esprits

En eux-mêmes portaient ce spectacle et ces cris.

Et je sentais en moi, dans mon simple cœur d’homme,

Les souffrances de tous, dont je souffrais la somme.

Et je compris quel faix terrible, à mes côtés,

Portaient, après dix-neuf cents ans, les reins voûtés

Du grand Juif ; car son dos, qu’il redressait naguère,

Se courbait sous les maux que déchaîne la guerre,