POÉSIE

THÉATRE

77572. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.

A MA SŒUR
Madame Jacqueline LONCLAS
morte le 12 juin 1915

Chère grande sœur,

J’avais commencé ce poème en 1913, et je t’en ai lu les douze premiers chants en 1914, à la veille de cette guerre, qui, toute une année, fut ton tourment. Elle te fit dire, le jour où l’on l’apprit qu’un de nos jeunes amis était tombé sous les balles allemandes : — « Je sacrifierais volontiers le temps qui me reste à vivre, si ma mort pouvait sauver pareille jeunesse ! » Je sais pourtant avec quel chagrin tu te sentais arrachée lentement à mon infinie tendresse…

Ce poème, dont la guerre a modifié le plan, sans rien modifier des conclusions, je te le dédie, comme je t’ai dédié tous mes ouvrages, — car la mort ne m’a pas séparé de toi : ton âme plus que jamais inspire et soutient la mienne.

Jean Aicard.