—Comme ça, fit-il, dis-moi un peu, tu les as les ordres qu’il faut pour m’arrêter?

—Mandat d’amener, dit le gendarme avec importance.

—Voyons voir, fit Maurin gouailleur.

Le gendarme menaçant prononça:

—Tu vas voir!

Alors Maurin prit sur la table le petit verre d’eau-de-vie qu’il n’avait pas touché encore, et l’élevant avec un geste semi-circulaire:

—A votre santé, la compagnie! au plus beau des gendarmes; au plus brave des gardes-forêts; à la plus jolie des Corsoises!

Et il but.

Orsini trouvait fâcheux pour l’administration qu’une pareille scène eût lieu chez lui, mais il savait ce que c’est qu’une consigne: Alessandri devait arrêter Maurin; il l’arrêterait donc. Lui, il n’avait rien à dire et, en effet, il se taisait, avec un air un peu farouche.

Antonia ne raisonnait pas de même, mais elle n’avait pu encore placer un seul mot. Les deux hommes, les deux rivaux, étaient trop animés. Elle guettait l’occasion d’intervenir.