—Attention! que mon chien guette! sa queue me le dit.

Et, le bras étendu, il imitait, de son index vertical et vibrant, le mouvement de la queue et toutes les émotions de son chien.

Tout à coup l’index de Pastouré se fit presque horizontal, comme l’était en ce moment la queue de son fidèle Pan-pan. Son chien, un nouveau, s’appelait Pan-pan, ou Coup double. Tous deux, chien et chasseur, étaient à l’arrêt.

—Bourre! cria Pastouré qui négligea de monter sur un arbre.

Le chien bondit. Le lapin déboula avec la violence d’un projectile qui sort du canon et, quittant la mussugue et enfilant un sentier, demeura un moment bien visible pour Pastouré... qui tira! Le lapin redoubla de vitesse. Manqué!... Pastouré fut si étonné qu’il en oublia de le doubler.

Il regardait avec stupeur le petit derrière blanc si pareil à une cible, sous la courte queue en point d’exclamation, drôle et moqueuse.

—Manquer un lapin ainsi! Le manquer ainsi!

Pastouré sentit sa poitrine se gonfler de rage.

Il n’est pas rare qu’en pareil cas un chasseur vraiment provençal brise son arme contre un rocher. En tous cas il agite toujours à voix haute la question de la punir en la fracassant:

—Je le romprai... quelque jour... ce manche à balai!... je ne sais ce qui me tient de le casser contre la roque!