Elle lui tendit la main.

—C’est gentil ça, me voilà payé, fit-il, si nous sommes amis!

Ils causaient, Maurin sur le pas de la porte du cabaret, Tonia arrêtée sur la route, aux regards de qui pouvait passer.

—J’ai bien le droit, disait Tonia, de me montrer reconnaissante envers vous; j’en ai même, pardi, le devoir.

—Entrez donc, mademoiselle.

Mais elle refusa. Et, ce qui charma Maurin, elle fit une allusion à l’histoire de l’aigle dont elle ne lui avait pas parlé encore. Il n’avait, à l’époque où il chassait l’aigle, aucun engagement envers Tonia (en avait-il à présent)? et, cependant, elle eut l’air de se plaindre de ce qu’il avait été comme qui dirait infidèle à quelque chose qui était entre eux!...

—Bon, elle est jalouse! pensa Maurin qui s’y connaissait.

Il comprit que l’amour la prenait, la pauvre, un peu davantage chaque jour. Quand il lui nomma Sandri par deux fois, elle eut un petit haussement d’épaules, et alors il affecta de ne pas parler en mal du gendarme. Il s’attacha à paraître indifférent à ce sujet; elle en fut piquée comme il y comptait bien. Et quand elle le quitta, elle se sentit toute songeuse, plus impatientée que jamais contre Sandri.

Et tout à coup, rentrant dans la cantine:

—Tenez, Maurin, dit-elle, ce qui est mal de votre part, je dois vous le dire, c’est l’affaire du cabanon où Sandri vous a trouvé avec la Margaride!