Où l’on verra comment, sans l’aide de Maurin lui-même, jamais gendarme n’eût arrêté Maurin, et comment Parlo-Soulet répondit à cette monstrueuse arrestation par l’incongruité la plus monstrueuse et la plus sonore qui fût dans ses moyens.

Tonia semblait tenir parole et ne plus vouloir rencontrer Maurin.

Il avait beau rôder aux environs des forêts domaniales du Don, il ne l’apercevait jamais.

Cette disparition, habileté ou dédain, n’était pas pour apaiser le violent chasseur. Ce qu’il avait eu de la Corsoise excitait en lui, avec l’espérance, une force de désir toute nouvelle.

Le don Juan des Maures n’avait pas l’habitude de tant attendre. Le pirate sarrasin qu’il était, le sylvain primitif, retrouvait facilement d’ordinaire les chrétiennes ou les nymphes qui vaguent par les forêts.

Maurin pensait donc à Tonia plus que de raison, si bien qu’un jour il s’aventura très proche de la maison forestière.

A travers la fenêtre de la salle d’en bas, où elle était avec son père, elle le vit et, sortant sous un prétexte, courut à lui:

—Je ne veux pourtant pas qu’il t’arrive malheur: va-t’en! dit-elle, je ne me suis montrée que pour te dire de t’en aller. Mon père peut nous voir causant ensemble. Songe qu’il me tuerait s’il pouvait deviner! Si tu ne me rencontres plus, c’est que je tiens parole. Quand tu m’auras promis fidélité d’abord et ensuite mariage, alors, de nouveau, je serai tienne. Je ne suis pas une de tes filles perdues. Va-t’en.

Tout en parlant, elle l’éloignait de la maison, pour le mettre hors de la vue de son père.

Il l’écoutait, le cœur navré à la fois et content.