Elle vint se planter devant Maurin, et le regardant bien dans les yeux:

—Ça ne vous a pas porté bonheur, de tuer l’aigle des Secourgeon? faut-il que j’aille lui donner de vos nouvelles, à Secourgeon? Sa femme sera bien malheureuse!

La bergerette impressionnait Maurin désagréablement, comme une créature de songe, irréelle, ni enfant ni femme. Elle l’inquiétait. Sous son regard, il finit par détourner les yeux. Alors, avec un grand éclat de rire, elle disparut dans une crevasse des ruines, en criant aux gendarmes:

—Buvez à la fontaine!

Les gendarmes faisaient la grimace. Pastouré avait compté fort sagement sur la mésaventure qui leur arrivait.

—Il est une heure, dit Sandri.

—On est loin de tout, ici! dit l’autre gendarme.

Maurin prit la parole:

—Sandri, ce que j’ai au carnier, par la prudence de mon ami Pastouré, nous le partagerons.

—Ce n’est pas de refus. On te le paiera.