—Bigre de bigre! dit Sandri! nous lui avons laissé son carnier!

On ne saurait penser à tout.

Ils se levèrent et débarricadèrent la porte, mais Maurin avait déjà fait son coup: il avait pris, tout d’abord, la longue et solide cordelette qu’il avait toujours dans son carnier; il avait pris aussi son couteau à gaine, et il avait mis le tout, en se penchant par la fenêtre, dans un trou de muraille sous les feuilles de lierre épais.

Il entendit venir ses geôliers et à peine touchaient-ils la porte qu’il leur dit, avec la voix d’un homme qui mange, la bouche pleine:

—Il vous manque quelque chose?

Aussi, quand brusquement, la porte s’ouvrit, les gendarmes le trouvèrent-ils assis à terre devant son carnier grand ouvert, la bouteille au poing, prêt à boire et mangeant lentement, comme un homme qui n’a rien de mieux à faire.

—Ton carnier, donne-le, dirent-ils.

—Prenez-le, fit Maurin, mais vous n’êtes pas aimables.

«Croyez-vous que je vais le gonfler en ballon et ensuite m’asseoir dessus pour m’envoler par la fenêtre?

Dans le carnier béant qu’ils visitèrent, ils ne virent rien de suspect et s’étant regardés encore pour se demander ce qu’il fallait faire, ils sortirent, disant: