«Ils m’expliquèrent toute l’affaire.»
—J’étais avec Maurin, confirma alors Pastouré, qui suivait attentivement tous les détails du récit en remuant les lèvres comme s’il eût répété mot à mot tout ce que disait Maurin, lequel continua ainsi:
—Que faut-il faire? demanda Pitalugue. C’est bon, la lièvre. Et puis, il y a de quoi faire un gros repas à nous six. Ça compte, ça, dans une maison pauvre comme est la nôtre!... Qu’allons-nous faire, Maurin?
Je lui dis:
—Je ne sais pas; la lièvre est tienne. C’est des choses qui ne regardent que ceux qui y ont leur intérêt. Mais si j’étais «de toi», je la lâcherais.
—Ce sont ses petits qui me tourmentent, dit Pitalugue. J’ai tous ces petits levrautons dans ma tête.
—Ils vont pleurer à fendre le cœur, dit sa femme.
—Et crever sans être utiles à personne, dit Pitalugue.
Alors, la petite dernière se mit à sangloter:
—Je veux pas qu’on la tue, père! Père, il ne faut pas la tuer.