«—Permettez! criai-je.
«—Laissez-moi faire, dit l’homme, je sais mieux que vous ce qu’il faut leur dire.»
«Mais les premiers rangs de la foule, ayant vu mon mouvement de protestation, crièrent à mon défenseur:
«—Qui nous garantit que celui que vous défendez ne nous trompe pas?
«—Moi! dit l’homme en redingote et en kalitre, moi, je vous dis!»
«La foule murmurait, irritée, mais déjà indécise.
«Alors, l’homme noir, dans un mouvement d’éloquence populaire vraiment magnifique:
«—Et d’ailleurs, citoilliens, quelle heure est-il?
«—Sept heures manque un quart! cria la foule.
«—Eh bien, citoilliens, outre que c’est l’heure d’aller dîner, c’est l’heure où la nuit commence... La nuit, citoilliens! la nuit n’est pas le jour. Ce n’est pas dans la nuit comme des malfaiteurs, c’est dans le jour que vous devez débattre les intérêts de la liberté!... Vous voulez tous la justice, n’est-ce pas? Eh bien, la justice apparaîtra avec le soleil. On vous rendra justice demain, au chant du coq, au grand soleil de la République! Allez vous coucher.»