Ce fut le tour de Maurin de devenir pâle.

Quand il raconta à Parlo-Soulet sa visite chez M. Rinal:

—Devant un homme ainsi, déclara Maurin, je t’assure qu’on n’a pas envie de galéger... Rien que de le voir, ça me fait un effet, à moi!

—Diable! il faut alors, dit Parlo-Soulet, qu’il ait bougrement de talent!


CHAPITRE XII

Monsieur le préfet a la parole.—Parlo-Soulet l’interrompt.

La petite ville de Bormes attendait l’arrivée de M. le préfet qui avait annoncé son intention d’assister aux obsèques du pauvre Crouzillat.

M. le préfet voulait honorer à la fois le mort et les habitants pour leur conduite dans l’affaire des «évadés». De plus il saisissait volontiers cette occasion de faire la connaissance de Maurin, chef de l’expédition, et de s’en faire un ami.

Le cortège qui suivait le corps du pauvre Crouzillat montait lentement la rampe qui va du village au cimetière. Au bord de la route, sur une sorte de promontoire qui s’avance dans la vallée, le cimetière rit, à belles murailles blanches, à pleins buissons de roses, et découpe ses mimosas et ses eucalyptus d’un gris bleuté sur le bleu de la mer. Du côté de la terre, il regarde les cimes où des pointes de roches violettes percent, nombreuses, les verdures des pins et des chênes-lièges. En deux ou trois endroits, une «pierre franche», venue là on ne sait comment, éclate de blancheur sur le flanc vert de la colline.