«—Eh, Toine? voilà une branche qu’il faut couper!
«—Sûr, qu’il faudrait la couper! répliqua Toine. Je m’en suis bien aperçu depuis l’année dernière! il faudra que j’apporte, un jour, le couteau-scie!!!
«—Et si vous alliez le chercher, Toine, le couteau-scie?
Ça n’est que trente pas à faire, d’ici à votre maison.
«—Oh! répondit Toine en se remettant à bêcher ses oignons avec mollesse, je l’apporterai demain,—si je ne l’oublie pas!!!!! car c’est vrai que cette branche maudite abîme tout le cuir du collier!!!!!!! et puis... ça donne au cheval une bien mauvaise habitude!!!!!!!!!»
«Mon ami, qui est du pays et qui a chez lui ce fermier, très brave homme, depuis trente ans, alla vers le cerisier, et prenant la branche à deux mains, il la rompit sans faire aucune réflexion.
«Et ce fut sans rien dire que nous nous en allâmes.
—C’est absurde, dit le préfet.
—Mais si pittoresque! dit M. Cabissol.
—Pittoresque, soit! dit le préfet, et c’est par amour du pittoresque que ce dompteur de foules, dont vous me contiez l’histoire l’autre jour, se coiffait d’un chapeau haut de forme?