CHANT IV
LA CAMARGUE
Avant l’amour, le cœur du jeune homme est pareil
A la terre qui rêve espérant le soleil.
Le ciel d’aube est tout pâle ; à peine un buisson bouge,
Puis, au-dessus des monts, le ciel se raie en rouge…
Et la terre frissonne… Ainsi, dans les vingt ans,
Les hommes au sang jeune, aux cœurs chauds, bien battants,
Sentent déjà l’amour sans connaître l’amante.
Un frisson les agite ; un rêve les tourmente.
Puis tout à coup la fille apparaît ; il fait jour !