La vieille depuis sa conversation avec M. le curé, était en proie à une sorte d'exaltation mystique. Elle reprit:

—Tu ne sais pas, petite? La selle à la gardiane, la bride et tout, tout ce qui a servi au cheval le dernier jour, il ne faut pas que d'autres s'en servent jamais. Je veux, dans votre chapelle, les consacrer à Notre-Dame-d'Amour. Là, personne n'y touchera plus; on n'oserait prendre ce qui est à Elle.... Viens avec moi, Zanette.

—Non! non! je n'irai plus! je n'y veux plus aller. Allez-y seule, mère. Le valet portera les choses. Allez-y sans moi. Les choses sont là, à côté.

Depuis la mort du cheval, la selle, dans une chambre voisine avait été déposée sur des sacs de pommes de terre. Elle dormait là, sur les sacs, posée le cuir en dessous, les panneaux en l'air, écartés.

La selle dormait là, sur les sacs.

La vieille femme s'en approcha, la regarda avec émotion. Tout à coup elle poussa un cri. Zanette se leva, accourut....

—Qu'y a-t-il, mère?

—Regarde!

Le doigt maigre de la vieille désignait une crevée, un trou dans le rembourrage, et dans ce trou apparaissait, encastré étroitement, un petit caillou à pointes aiguës.

—Oh! mon Dieu! cria Zanette. Oh! mon Dieu! est-il possible! oh! je comprends! je devine!... Cela vient pour sûr de cette Rosseline!