—Pourrais-tu croire ça, mon pauvre Jean! Tiens, tu me fais peine!
Alors il lui demandait pardon.
Puis il la surveilla, et ne parvint qu'à se rendre ennuyeux; il ne venait plus aux jours dits; il arrivait inopinément, dans la nuit quelquefois, pour voir si les fentes des volets de Rosseline étaient éclairées,—et, si elles étaient sombres, il n'en concluait pas moins que sa maîtresse n'était pas seule. Il faisait contre la fenêtre le signal convenu. La mère du Rosseline avait sa chambre sur le derrière de la maison, et ne pouvait entendre. Si Rosseline n'ouvrait pas, il attendait quelquefois le jour, pour voir si un homme sortirait. Si elle ouvrait, alors entre elle qui était à sa fenêtre du premier étage et lui qui était sur le pavé de la rue, des dialogues à voix basse, très basse, un peu sifflante, commençaient; et sur lui bien souvent pleuvaient l'injure et la menace, en échange des reproches.
—Tu me perdras, fou que tu es! on te devinera.... Où as-tu laissé ton cheval?
—Je l'ai caché un peu loin, au bord du Rhône, dans un coin que je sais, dans les saules....
—Va-t'en!
—Ai-je fait à cheval cette course si longue, sept lieues, tu entends!... pour être ainsi reçu?
—Il ne fallait pas venir! te l'ai-je permis?
—N'es-tu pas mienne et comme ma femme?
—Oh! ça pas encore! tu es trop tyran! tu es jaloux.