—Il vous attend, si vous êtes le gardian Martégas, répondit l'homme. Il vous attend, il est malade; je conduirai à l'écurie votre cheval.
—Donne-lui de l'avoine, seulement de l'avoine, dit Martégas; il n'a besoin que de cela.... Où est le bayle?
Le valet de ferme désigna du doigt la porte de la ferme.
—En bas, dit-il; entrez.
Et il emmena le cheval.
La porte de la ferme était ouverte. Martégas écarta la toile de protection qui arrête les mouches et tamise la lumière.
—Bonjour! La bonne santé! dit-il.
Assis dans la salle basse, sous la huche à pain en bois sculpté, entre l'horloge à gaine et la table, maître Augias, ayant résolu d'être aimable avec ce gardian qu'il avait chassé, mais qu'il jugeait utile de ménager comme dangereux,—répliqua:
—Bonjour.... C'est toi Martégas? je t'espérais; ma fille m'a dit que tu allais venir, t'ayant parlé sur la route. Aussi, tu vois, le pain et le vin t'attendent. Bois, si tu as soif; mange, si tu as faim. Le pain n'est pas très tendre, mais le fromage est frais.
Martégas comprit tout de suite que Zanette avait tenu parole. Elle n'avait rien dit à son père.