Le lendemain matin, à six heures, la carriole fut attelée.

La mère de Zanette avait laissé,—pauvre morte!—une autre enfant qui, maintenant, prenait sa cinquième année. Le père Augias, depuis trois ans, avait confié cette enfant trop petite à sa sœur, mariée avec un pêcheur aux Saintes-Maries-de-la-Mer, pour qu'elle l'élevât parmi les siens.

—Si je partais avec vous, père, pour voir la petite?

—J'allais, dit Augias, te le dire moi-même.

Ils partirent.

Le père Augias conduisit sa fille aux Saintes, chez sa sœur, puis revint sur ses pas, avec la carriole, à Silve-Réal, chez la mère de Pastorel pour savoir d'elle où il trouverait le gardian.

Il n'avait pas voulu, naturellement, mener Zanette, comme cela, dans la maison de Pastorel.

Chez la vieille Pastorel, il apprit que le gardian, dans l'après-midi, irait aux Saintes pour une affaire. En ce moment, Pastorel visitait une manade aux environs des Saintes. De grandes courses devaient avoir lieu bientôt aux arènes d'Arles et on l'avait chargé de se rendre compte par lui-même de la sauvagerie de certains taureaux, de choisir à son idée et de designer les plus sauvages, les meilleurs, qu'on «trierait» quelques jours plus tard.

Augias se remit en route pour aller prendre chez sa sœur, aux Saintes, le repas de midi.

Pendant ce temps, Zanette, après avoir joué avec sa petite sœur, n'avait pu résister au désir de courir un peu sur l'immense plage déserte des Saintes.