Les mots que tu n’aurais pas dits !
C’est la même rivière, en de nouvelles rives,
Qui coule reflétant, pure, les fleurs du bord,
Et par les soirs profonds et bleus, la clarté vive
Des étoiles, à l’horizon de nouveaux ports.
J’ai souffert, j’ai souffert de n’être plus toi-même.
Pourquoi faut-il que l’eau déserte la montagne ?
Ta vie était immense et j’aimais ton poème…
Que ton cher souvenir me garde et m’accompagne.
Certes, Olivier de La Fayette sent la nature, la terre et le ciel d’Auvergne, des Cévennes, du Velay, de la Limagne, auxquelles il dédie une grande partie de son volume… Mais il dépasse vite : « La profondeur ni la beauté du ciel étoilé ne sauraient satisfaire, même un instant, le désir de l’infini, que pourtant elles avivent. L’inconscience de la matière suffit à nous rendre plus étrangère que son indifférence même. » Ainsi argumente le poète, à propos d’une de ses inspirations. Aussi s’évade-t-il au plus tôt du décor étroit des pays et des saisons, à la poursuite du Mystère que ne lui masquent pas d’éphémères apparences :