— Ce que j’ai ? Eh bien, tenez, « ça m’emm… » de n’être toujours que capitaine.

E… m’emmerde, tonès, de dèstre copitoni !…

L’ingénieux et pusillanime abbé Four, au-dessous du texte même de Vermenouze, donne cette version :

mès nos prous temps qu’ai très galouns : n’en vôle quatre,

soit en vers français :

Mais j’ai seulement trois galons, j’en voudrais quatre ;

Car ce n’est pas tout, l’Abbé R. Four a traduit le texte remanié, — en vers libres. Le patois brut et savoureux du poète, filtré en version « littéraire » et passé en ternes alexandrins étiques, — ou ce qu’il en reste, — d’une fadeur qui va jusqu’à l’écœurement ; pas une page où l’on ait à redresser l’insuffisance de la traduction, — avec la suffisance du traducteur.


Revenons à Vermenouze, dont la fraternelle mémoire m’a aidé à traverser cette nuit d’angoisse, avec le réconfort de son espoir indéfectible dans la victoire finale.

Car si le vibrant poète d’oc peut devenir obscur aux lecteurs les mieux intentionnés derrière les ajoutages ou les retailles saugrenues de ses éditeurs in extremis, il nous reste sa pensée entière dans les sonnets d’En plein vent, où, après le Salut au Christ avant de célébrer la petite patrie dans son intimité profonde, il marquait en 1900, sa confiance que la France ne saurait être vaincue, avec le réduit inexpugnable de ses montagnes !