Molt mi platz deportz e gaieza,
Condugz e donars e proeza…
Etc…
[19] En Auvergne.
Ainsi, parfois, le brillant troubadour ne serait plus qu’un moine mendiant, à qui la route est pénible. Peut-être ses récriminations sont-elles exagérées et Pierre de Vic ne connut-il pas un sort aussi dépenaillé ? Pourtant, ses doléances pitoyables n’autorisent guère à présenter le poète comme « taquinant la muse anacréontique » avec des rêveries poétiques, des facultés imaginatives, le joyeux drille… dont il est permis d’affirmer qu’il ne fut pas un fanfaron de vices comme porterait à le faire croire le ton licencieux de certaines de ses productions[20] !
[20] Les Troubadours Cantaliens (duc de la Salle de Rochemaure).
En vérité, les compositions d’amour du moine de Montaudon sont des moins éclatantes :
Ses chansons manquent de naturel et conviction. Il avait trop de bon sens pour répéter ce que disaient les poètes d’amour de son époque. Il paya son tribut à l’amour, à la beauté, suivant l’usage des cours ; mais ses armes préférées, qu’il manie de main de maître, sont la raillerie et la plaisanterie, et ses traits sont dirigés contre le plus sacré des sentiments chevaleresques : contre les femmes[21].
[21] Philippson.