Là-bas s’en va mon corps marri,
Par ici demeure mon âme…[29].
Lai s’en vai mos cors marritz
Et co remou l’esperiz…
Il y avait donc, en Auvergne, une « douce amie » qui pouvait faire oublier Ermengarde ?
IV
Si, de Pierre de Rogiers, l’on peut répéter une ligne qui, peut-être, fait allusion à la montagne natale, d’autres troubadours, auvergnats ou vellaves, n’ont à être évoqués ici que pour le hasard de leur naissance : Pierre et Astorg de Manzat, Hugues de Peirols (à Rochefort-Montagne), Bertrand II, Sire de la Tour, Michel de la Tour, Pons de Chapteuil, Garin-le-Brun, Gasmar, Guillaume de Saint-Didier, Gausseran de Saint-Didier, Guillaume Moissat de la Moissetrie, Pierre de Cère de Cols, Faydit du Bellestat, Bernard Amouroux (de Saint-Flour), Astorg d’Aurillac, baron de Conros, Astor de Segret.
Cependant, notons quelque trait de rudesse auvergnate chez Ebles de Saignes ; c’était le troubadour économe, qui mettait la peine d’argent au-dessus des chagrins de cœur : On ne souffre d’amour que si l’on veut. Lequel est le plus malheureux, du débiteur ou de l’amant sans espoir ? dialoguent Ebles et Guillaume Gasmar dans le tenson qui nous a conservé cette pâle dispute ; et le comtour de Saignes de se lamenter :
Guillaume Gasmar, jamais par amour[30],