Gérard la serrait contre sa poitrine. Pour ce misérable argent, allait-il aussi la brutaliser? La passion qui l’avait arrachée aux siens la rejetait ce soir toute en larmes. Il l’avait aimée pourtant, il l’aimait toujours...
Une onde de tendresse submergea son cœur.
III
Gérard avait dit à Paule:
—Quelquefois, vers une heure, sur la terrasse du Jardin Public...
Mais il pensait qu’elle ne viendrait pas.
Le lendemain, le jour suivant, il parut très intéressé par les plates-bandes. L’étroite esplanade était presque vide. Un gardien à moustaches grises, assis dans l’entrée ouverte du Musée colonial, lisait son journal. C’était l’heure où le jardin est dégarni de petits enfants; des couples passaient; d’autres se penchaient, chuchotants, le long des allées, sur des chaises de fer rapprochées.
Un jardinier déplaçait le panache d’eau jailli d’une lance. Au-dessous de la terrasse, au bord d’une pelouse, un grand massif couleur d’incendie vous éblouissait. Sa large ceinture brune s’éclairait de festons verdâtres.
Il pensait:
«Pourquoi lui ai-je demandé de venir? N’avais-je pas assez d’ennuis, de difficultés? Si je pars, il eût mieux valu...»